date de création
5 mai 1999

dernière mise à jour --
28 novembre 2017

 
Articles concernant THOMAS Jérôme César



Jérôme César THOMAS 
'Entropy 5 films'
DVD
CÉSARÉ
Réf : Césaré 13/03/12/1
30,00 €
Ce DVD rassemble cinq films. 'Entropie' (2002) avec Emmanuelle Huynh. Musique de Siegfried Canto. 'Kajsa' (2003) avec Kajsa Sandström, Ula Sickle (P.A.R.T.S. Anne Teresa De Keersmaeker). Musique de Stephan Dunkelman. 'Kyoto' (2006) avec Berry (Élise Potier). Musique de Hervé Birolini. 'Absence' (2007) avec Pierre Terzian. Musique de Hubert Michel. 'Mémoire d'eau' (2009) avec le CCN - Ballet de Lorraine et Christophe Béranger. Musique de Hubert Michel. 'Mon travail questionne le chaos organisé, l'ordre qui évolue vers un désordre prévu. Cette mesure de désordre qui tend à s'accroître dans une direction du temps. Un temps irréversible qui accélère les dégradations et les pertes d'informations irréparables et les emmène vers une mort certaine. Tout se dégrade, c'est la rouille qui nous ronge, la vieillesse qui nous gagne, le feu qui s'éteint, le temps qui s'enfuit. L'entropie, c'est que tout a une fin, c'est la durée en tant que telle, le temps qu'il nous reste. L'univers comme nous aura une fin, c'est une expansion qui ne ralentit pas, elle accélère. 'Ce quelque chose doit rompre' et cette atmosphère de l'attente d'une 'catastrophe menaçante' est au centre de mes recherches : les verres qui se brisent par exemple dans mes films signifient que ces destructions prolongent ce quelque chose qui s'est mis en mouvement il y a plusieurs milliards d'années. Les verres se cassent, mais n'arrivent pas à se reconstituer, parce qu'ils suivent l'élan naturel de l'ordre vers le désordre apparu après le big-bang qui a mis la flèche du temps en mouvement. Les espaces se referment. Dans les 5 films présents dans ce DVD, j'ai tenté d'élaborer des récits simples et de me libérer du souci dramaturgique. J'ai voulu transcender la réalité en commençant par l'ordinaire pour atteindre l'extraordinaire. Questionner l'invisible aujourd'hui même, époque dans laquelle le concret règne par son efficacité apparente, mesurable, donc si rassurante. Tout ce qui ne peut être décrit et qui, pourtant, déborde de sens. Ces films sont des univers qui enferment et où chaque geste semble résister à l'architecture minimaliste des intérieurs et à l'écrasement des lourds volumes de l'extérieur, dont l'agitation dérisoire semble vouloir tromper le vide. Le corps en vie résiste à l'entropie. Dans mes films, le corps est cette enveloppe dans laquelle nous nous protégeons, nous nous perdons, nous nous dévoilons, qui nous trahit, qui ne ment pas. Il s'impose souvent nu, fragile, en tension, vivant, expressif, le corps plutôt que la parole. Le corps est une source de parole silencieuse et de sens inestimable. Il offre la possibilité d'appréhender la réalité par le ressenti, d'observer les rapports invisibles avec son environnement. Mon travail semble particulièrement approprié à ce désir de communiquer au-delà du verbe, et à remplacer la parole par un univers sonore complexe pour montrer autrement.' Jérome César Thomas. Jérôme César Thomas est un artiste français né à Nancy en 1973. Il navigue entre le dessin, la photographie, le film, les installations vidéo et la sculpture. La ligne de partage qui traverse ces différents espaces est nécessaire pour en déterminer la nature. Par-delà leurs différences, les travaux de Jérôme Thomas s'appliquent en effet à l'exploration d'un point de tension, celui où les choses, les êtres chutent, se brisent et se dispersent. Ses oeuvres sont des dispositifs perceptifs et des installations, qui mettent en place des situations spatiales de projection. Elles réunissent de multiples niveaux de réel et d'imaginaire et amplifient le langage des objets et des situations ordinaires. Depuis 2007, il enseigne l'image en mouvement et le cinéma expérimental aux étudiants de l'École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg et y codirige l'atelier vidéo.