date de création
5 mai 1999

dernière mise à jour --
28 novembre 2017

 
Articles concernant Jean-Luc PETIT



Fabrice FAVRIOU / Jean-Luc PETIT / Julien TOUÉRY 
CD
FOU RECORDS
Réf : FRCD27
14,00 €
Fabrice Favriou : guitare électrique, objets. Jean-Luc Petit : clarinette contrebasse, saxophones alto & sopranino. Julien Touéry : piano, objets.
Sans titre, deux morceaux de 22 :00 (la fièvre nous dénombre) et 25 :32 (au coucher de l’éclair). Fabrice Favriou joue de la guitare électrique, Jean-Luc Petit de la clarinette contrebasse, des saxophones sopranino et alto et Julien Touéry du piano et des objets. Enregistré au Carré Bleu. La musique évolue comme un continuum bruitiste, les sons du guitariste et du pianiste s’interpénètrent, les sons électroniques, vibrations de moteur, triturations des effets, bruits d’orage au loin, hululements hagards se différenciant vaguement d’une pluie percutante des touches, marteaux et mécanismes sur les cordes bloquées alors que le souffleur joue sur les extrêmes de son sax sopranino. La fièvre nous dénombre passe très vite comme un train entre deux gares lointaines dans un demi-sommeil. C’est avec la clarinette contrebasse graveleuse et un brin hantée de Jean-Luc Petit que se meut petit à petit le coucher de l’éclair dans un demi silence. Comme un souffle léger de vent du soir, l’ampli vibre à peine et la clarinette contrebasse se déplace sur le bout des orteils alternant silences et grondements discrets, les quels suggèrent un élément mélodique alors que la caisse du piano résonne dans l’espace et quelques notes légères au clavier carillonnent dans le lointain. L’ensemble est magnifique par sa qualité de développement de sons et des timbres. Le souffleur monte dans un aigu irréel – légèreté des harmoniques, le bruissement d’orage qui s’annonce tremble en arrière fonds des touches effleurées et du souffle qui décortique les aléas de la colonne d’air. Les marteaux scandent comme une machine qui tourne folle comme si le lecteur CD était bloqué, l’installation de la guitare semble en plein brouillard, la clarinette géante surnage à peine. Un maelström statique s’agite tous sons confondus, le souffle revient, au sax alto, fou furieux et happé par les éléments et le pianiste embrasse tout le clavier à sa suite. Quelques minutes inexorables, où le saxophoniste triture les phrasés et s’arcboute sur des harmoniques hérissées face au piano virevoltant alors que la guitare électrique se tord complètement. Une belle tranche de vie improvisée radicale. Trois improvisateurs décidés, criant leur haine du vide et du semblant.
Benoît KILLIAN & Jean-Luc PETIT 
'La nuit circonflexe'
CD
FOU RECORDS
Réf : FRCD25
14,00 €
Benoît Kilian, grosse caisse horizontale. Jean-Luc Petit, clarinette contrebasse, saxophones alto et sopranino.
Une grosse caisse horizontale manœuvrée par Benoît Kilian avec des instruments de percussion complémentaires et additionnels pour en faire changer insensiblement le timbre, les vibrations par contact, frottements, tremblements, ondes graves qui se propagent dans l’espace, dans et autour du champ de fréquences de la clarinette contrebasse de Jean-Luc Petit. Le silence est toujours présent, les sons graves de la percussion coexistent jusque dans la vibration de l’anche dans l’énorme colonne d’air, cavité monstrueuse. Paysage mouvant, Rien que ces gazouillis fragile d’inconsolés soleils valent pour eux seuls le déplacement. L’écoute est aussi intense que le mouvement du jeu est lent, très lent. Remous des dunes confirme la qualité d’inspiration : l’émission sonore continue développe la métamorphose du son dans la lenteur extrême, une pointe d’harmonique se meut et meurt dans un temps dilaté, une durée suspendue. Le grondement du tambour ressasse le même glissando vers le grave alternant avec un aigu métallique soutenu. Le rejoignant, le souffleur crée une structure inquiète dans l’aigu, subreptice, une impression sensible sur le parchemin d’un sismographe hors du temps. Il faut tendre l’oreille pour atteindre la limite de l’audible en ayant le sentiment qu’ils jouent au delà hors de notre portée. La succession des morceaux, tous aussi hantés les uns que les autres, mais plus mouvementés en toute cohérence, font de cette rencontre enregistrée en studio par Antonin Rayon, un objet d’écoute rare, infiniment subtil, de ceux qui nous invente une nouvelle histoire inouïe. Avec des matériaux ténus et finalement extrêmes, les deux artistes expriment l’indispensable, le nécessaire et un vrai plaisir.